De l’opéra-comédien aux œuvres baroques, du rock aux influences classiques – cet opéra montréalais incarne une forme d’art vivante et dynamique à travers des performances à grande échelle. Mettant en valeur une discipline émouvante combinant le chant, la danse, le théâtre et la musique, les opéras de langue française de Montréal sont présentés dans la magnifique salle Wilfrid-Pelletier, créant l’environnement parfait pour établir une connexion unique avec le public. Mais lisez plus sur l’histoire du développement de l’opéra de la métropole canadienne à montreal-trend.com.
L’art lyrique à Montréal — les débuts

Si l’opéra n’était qu’un art d’importation au Québec avant le XIXe siècle, il a ensuite atteint certains sommets de popularité et a même connu un essor provincial. Formés dans des écoles de chant, les artistes québécois se sont produits sur les plus grandes scènes du monde.
L’opéra a commencé à connaître du succès au Québec, ainsi qu’à Montréal, au début du XXe siècle. Peu à peu, le répertoire anglais cède la place à un répertoire francophone composé principalement d’opérettes. Les chanteurs européens installés à Montréal tentent d’y instaurer une vie joyeuse mais lyrique.
Ainsi, en 1917, Honoré Vaillancourt crée la Société nationale d’opéra-comique, qui devient en 1921 la Société canadienne d’opérette. Jusqu’à la crise économique des années 1930, cette première société permanente permet l’utilisation de sa marque, ce qui entraîne l’émergence d’un réseau de compagnies d’opérettes. La société encourage également la création d’écoles de chant.
Entre 1936 et 1955, une autre société, les Variétés lyriques, gagne en popularité et compte des milliers d’abonnés. À la même époque, Radio-Canada introduit la pratique de la radiodiffusion des spectacles d’opéra, ce qui contribue à élargir le public et à augmenter le nombre d’amateurs d’opéra.
D’ailleurs, plusieurs chanteurs d’opéra québécois sont connus pour s’être perfectionnés aux Variétés Lyriques au point d’être capables d’occuper les grandes scènes. D’ailleurs, dans les années 1950 et 1960, une branche spéciale de la province de Québec a fait son apparition au Covent Garden de Londres. Ces chanteurs d’opéra vedettes du milieu du siècle dernier s’appellent Léopold Simoneau, Pierrette Alary et Joseph Rouleau, entre autres. Ce sont eux qui ont fait du bruit sur les scènes d’opéra du monde entier dans ces années-là.
Dans les années 1940, la création de conservatoires au Québec, dont celui de Montréal en 1943, a permis l’émergence de nouveaux talents lyriques. Fondé en 1941 par la soprano, enseignante et administratrice montréalaise Pauline Donald, l’Opera Guil a donné un élan au développement de l’opéra à Montréal pendant trois décennies, en présentant des œuvres du répertoire de compositeurs de renommée mondiale, dont Verdi et Rossini.
De 1971 à 1975, l’éphémère Opéra national du Québec fait prendre conscience de la nécessité d’une maison d’opéra permanente. Ce désir a conduit à la création de l’Opéra de Montréal en 1980 et de l’Opéra de Québec en 1983.
Création de l’Opéra de Montréal

L’Opéra de Montréal a été fondé le 30 janvier 1980 et s’est imposé comme la plus grande maison d’opéra de langue française en Amérique du Nord. Grâce aux diverses œuvres qu’il a mises en scène et à sa riche programmation au fil des ans, il s’est engagé à capter, à apprécier et à partager cette forme d’art avec le plus grand nombre de personnes possible.
Depuis sa fondation, l’Opéra de Montréal a présenté plus de 1 000 représentations à la Place des Arts, choisies parmi un répertoire de plus de 100 opéras différents. Ses productions comprennent plusieurs adaptations d’œuvres mondialement connues, ainsi que de nombreuses productions originales.
Parmi les productions uniques qui ont marqué le public, mentionnons Nelligan d’André Gagnon, sur un livret de Michel Trumbull, Thérèse Raquin de Tobias Picker, sur un livret de Gene Scheer, Les Féluettes de Kevin March, sur un livret de Michel Marc Bouchard, et Another Brick in the Wall – The Opera, sur des paroles de Roger Waters et une musique de Julien Bilodeau.
En général, l’Opéra de Montréal a été créé par le ministère de la Culture du Québec pour redonner vie aux pouvoirs de l’Opéra national du Québec, alors disparu. Jean-Paul Jeanotte en devient le premier directeur artistique. En 1983, le conseil d’administration élit Jacques Langevin comme directeur général pour un mandat de trois ans. C’est à cette époque que l’Opéra de Montréal déménage et met en place de nouvelles structures administratives pour atteindre ses objectifs en matière de finances, de comptabilité, de relations publiques et de communications.
En 1984, le programme de stages de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal est créé pour développer les jeunes talents. L’objectif est d’assurer l’avenir de l’opéra au Canada. En 1988, Bernard Husan est élu président-directeur général et directeur artistique. Cela permet à la compagnie d’améliorer sa situation financière. La même année, afin d’attirer un public plus large, l’Opéra de Montréal commence à utiliser des sous-titres en anglais et en français dans toutes ses productions.
En 1989, Jacqueline Demaré fonde la Guilde de l’Opéra de Montréal. Cette organisation s’inspire de la Guilde du Metropolitan Opera de New York. Aujourd’hui, la Guilde apporte un soutien financier à la compagnie par le biais d’événements de collecte de fonds et de concerts de bienfaisance, tels que le Concert de Gala depuis 1995 et les Événements Signature depuis 2001.
Réalisations de l’Opéra de Montréal

L’Opéra de Montréal a présenté plus de 800 représentations de 86 œuvres, dont deux premières mondiales, 46 nouvelles productions, et a bénéficié de nombreuses collaborations avec d’autres compagnies. Parmi celles-ci, mentionnons l’Opera de Bellas Artes de Mexico, le Dallas Opera, la Florentine Opera Company, le Florida Grand Opera, le Houston Grand Opera, le San Diego Opera, le Seattle Opera et le Vancouver Opera.
Au fil des ans, l’Opéra de Montréal a surmonté des difficultés financières pour atteindre une stabilité financière et artistique et a mis en place des programmes de cinq à six productions par an, y compris l’Atelier lyrique annuel, qui ont été acclamés par la critique et ont attiré de grandes vedettes canadiennes de l’opéra, des artistes de renommée internationale et des chanteurs à l’avenir prometteur. L’Opéra de Montréal est dirigé par un chœur local, qui accompagne presque toutes les productions avec l’Orchestre symphonique de Montréal ou l’Orchestre métropolitain.
L’Opéra se produit à la Place des Arts de Montréal. Ses saisons régulières comprennent généralement des opéras du répertoire classique traditionnel, ainsi que des œuvres moins connues telles que The Consul de Gian Carlo Menotti, The Turn of the Screw de Benjamin Britten, Enuf de Leoš Janáček, et bien d’autres, et il a également des opérettes à son répertoire.
Le Panthéon de l’opéra canadien

Depuis de nombreuses années, l’Opéra de Montréal fait appel à des chanteurs principalement canadiens dans ses productions. De plus, en 1991, la compagnie a créé le Temple de la renommée de l’opéra canadien afin de reconnaître les personnes exceptionnelles qui ont contribué au développement de l’opéra dans le pays et dans la ville. Depuis sa création, plus de 47 artistes canadiens ont été intronisés. Parmi eux figurent Emma Albany, Pierre Béik, Mario Bernardi, Napoléon Bisson, Colette Bocki, Edmund Burke et bien d’autres encore.
Aujourd’hui, l’Opéra de Montréal est l’une des 15 premières compagnies d’opéra en Amérique du Nord et ses spectacles sont fréquemment diffusés à la radio et à la télévision de Radio-Canada.
Sources:





