C’est le film « Maelström » de Denis Villeneuve qui l’a véritablement révélée au grand public et à la critique en tant qu’actrice. Par la suite, Marie-Josée Croze est devenue une figure incontournable des écrans français. Pourtant, elle n’a pas eu le meilleur départ dans la vie, ayant été abandonnée par sa mère biologique alors qu’elle n’était qu’un bébé, avant d’être adoptée. Découvrez l’histoire de la vie et du succès de cette populaire actrice originaire de Montréal sur montreal-trend.
Une enfance difficile

Marie-Josée Croze est née le 23 février 1970 à Montréal, au Canada. À l’âge de 3 ans, elle a été adoptée par la famille Croze et a donc passé son enfance dans le quartier de Longueuil, en banlieue de Montréal. Ses parents adoptifs étaient d’origine modeste. Sa mère adoptive, simple ouvrière dans une usine de tabac, ne souhaitait pas initialement l’adopter. Ayant déjà des enfants, elle se demandait comment ils allaient joindre les deux bouts avec une bouche de plus à nourrir, car le père était chauffeur de camion et un seul salaire suffisait à peine. Mais lorsque la mère biologique, elle-même très jeune, a cessé de payer la pension alimentaire, toute la famille a décidé de l’adopter. À l’époque, la procédure d’adoption était très simple et peu coûteuse. Il suffisait de payer 64 euros à la paroisse et de supporter une courte visite des travailleurs sociaux. C’est tout, l’affaire était réglée.
Après l’adoption, sa mère adoptive est devenue sa gardienne. La famille vivait très modestement. L’enfance de la future actrice a été difficile. Quand elle a eu 8 ans, son père a quitté la famille, la laissant avec ses quatre frères et sœurs. Adolescente, elle faisait donc du gardiennage le soir pour gagner de l’argent de poche. Malgré tout, Marie-Josée adorait lire, se réfugiant dans les livres pour échapper à une triste réalité. Elle a toujours rêvé de voyager et de découvrir le monde. C’est pourquoi, à 17 ans, elle a quitté sa famille pour un voyage en Europe. Arrivée en France, elle est tombée sous le charme de Paris, qui lui a laissé une impression inoubliable. Elle a cependant dû retourner au Canada. De retour au Québec, elle s’est consacrée à ses études, suivant pendant quelque temps des cours d’arts plastiques au Cégep de Montréal.
Un heureux hasard

Puis, le destin s’en est mêlé. Au début des années 90, le réalisateur Gilles Carle a remarqué son joli visage et l’a invitée à jouer un petit rôle dans son film « La Postière », sorti en 1992. Cette expérience s’est avérée décisive pour la jeune femme, qui a su en tirer le meilleur parti. Cela ne signifie pas pour autant qu’elle n’a rien fait pour réussir. Au fil des ans, Marie-Josée Croze a su se construire pour devenir la femme talentueuse que non seulement la France et le Canada, mais le monde entier connaissent aujourd’hui. L’année suivante, elle participe au tournage de la comédie « Florida », après laquelle elle se fait définitivement remarquer. Parallèlement, Croze entame sa carrière à la télévision. Sur le petit écran, la jeune femme joue dans la série « Chambres en ville » et tourne dans des téléfilms comme « Zelda », « The Mask » et « The Predators ».
Le véritable succès cinématographique a suivi. En 2000, Marie-Josée Croze a obtenu le rôle principal dans le film « Maelström » de Denis Villeneuve. Sa performance a été saluée par la critique et l’actrice a reçu ses premières récompenses lors de nombreuses cérémonies. Elle a remporté le Prix Génie et le Prix Jutra de la meilleure actrice. Parallèlement, lors des festivals internationaux de Vancouver et de Mons, Marie-Josée a été nommée meilleure actrice de l’année. C’est à ce moment que sa carrière a pris un envol international, la menant vers la gloire et la reconnaissance.
« Les Invasions barbares »

En 2003, le film « Les Invasions barbares » du réalisateur Denys Arcand est sorti sur les grands écrans. Marie-Josée y a interprété le rôle d’une toxicomane, qui lui a valu le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. Révélée au niveau international en 2003 avec ce film, elle est devenue une actrice de renommée mondiale. Ce fut un succès remarquable pour l’actrice montréalaise. Propulsée sur la scène mondiale il y a plus de vingt ans, l’actrice d’origine québécoise, naturalisée française, a brillamment poursuivi sa carrière. Même si son début de vie ne lui promettait pas un grand avenir, elle a su saisir sa chance et réaliser tous ses rêves. Dotée d’un caractère bien trempé, animée d’un désir de liberté et bien entourée, l’actrice a su relever tous les défis.
Après son triomphe à Cannes, l’actrice a commencé à recevoir de nombreuses propositions de réalisateurs français. Parmi eux, Laurent Tirard l’a choisie pour « Mensonges et trahisons et plus si affinités… », Jean-Pierre Denis pour « La petite chartreuse », et Laurence Ferreira Barbosa pour « Ordo ». Plus tard, Steven Spielberg lui a offert un second rôle dans son drame historique « Munich » en 2006. La même année, elle a enchaîné les rôles principaux dans des films tels que « Ne le dis à personne », « Jacquou le Croquant » et « Le Scaphandre et le Papillon ». En 2009, la célèbre Zabou Breitman lui a confié le rôle principal dans son film « Je l’ai aimée », où elle a joué aux côtés de Daniel Auteuil. L’année suivante, elle a reçu le prestigieux Prix Romy-Schneider, qui récompense un espoir du cinéma français, et a continué à collaborer avec des réalisateurs de renom comme Tony Gatlif pour « Liberté », Nicole Garcia pour « Un balcon sur la mer » et Wim Wenders pour « Every Thing Will Be Fine ». En 2016, son chemin a de nouveau croisé celui de Daniel Auteuil dans le drame « Au nom de ma fille », réalisé par Vincent Garenq. En mai 2016, l’actrice a été membre du jury des courts métrages et de la Cinéfondation lors du 69e Festival de Cannes.
Vie privée

Sur le plan personnel, Marie-Josée Croze n’a jamais eu d’enfants. Elle considère cela davantage comme une circonstance de la vie qu’une tragédie. Elle a trouvé son propre équilibre en dehors de la maternité et assume pleinement ses choix, parfois jugés atypiques. Aujourd’hui, l’actrice vit avec son adorable chat Oscar et, à en juger par son compte Instagram, elle semble parfaitement épanouie. Ce n’est pas surprenant, car Marie-Josée Croze a trouvé sa propre recette du bonheur, continuant à créer de beaux rôles pour profiter pleinement de la vie. L’actrice n’a pas honte de son enfance et parle ouvertement de son adoption. Ce n’est pas pour rien qu’elle est considérée comme une femme au caractère fort, qui lui a permis de surmonter les épreuves de la vie avec assurance. Elle est devenue une artiste accomplie qui se sent aujourd’hui très bien dans sa peau. En plus du cinéma, elle participe à des séances photo, comme celle pour la 18e édition du Dîner de la Mode du Sidaction au Pavillon Cambon Capucines. Elle est également l’égérie de marques françaises, comme en témoigne sa séance photo exclusive lors de l’inauguration de la boutique phare de Kujten (une marque française spécialisée dans le cachemire), située sur l’avenue Victor Hugo à Paris. Bien que discrète, Marie-Josée Croze ne fuit pas les médias. Elle ne regarde pas les films dans lesquels elle a joué, expliquant qu’elle ne fait pas du cinéma pour se contempler. La France l’aime, et cet amour est réciproque. En 2012, Marie-Josée Croze a obtenu la nationalité française.





