Quand la ville devient muse

Artiste, musicienne, auteure-compositrice et interprète, Grimes est bien plus que l’ancienne compagne du milliardaire Elon Musk. À près de 40 ans, la Canadienne s’est imposée comme une figure de proue de la musique électronique expérimentale, même si sa carrière est parfois éclipsée par sa vie privée. À propos, parlons de sa relation avec Elon Musk. Grimes et Musk ont eu trois enfants, qui ont reçu des prénoms très originaux, voire futuristes : X Æ A-XII, Exa Dark Sideræl et Techno Mechanicus Musk.

À l’heure actuelle, les circonstances exactes de leur rencontre restent floues, mais on sait que leur relation a été officialisée lors du Met Gala 2018, avant de prendre fin officiellement en 2023. Une autre particularité de cette chanteuse est qu’elle a tourné le clip de la chanson Oblivion à Montréal. Vous pouvez en savoir plus à ce sujet sur montreal-trend.com.

L’école de la vie de Montréal

Grimes, née Claire Elise Bouchet, est née en 1988 au Canada. Elle est une figure célèbre et controversée de la musique expérimentale et pop contemporaine. Aujourd’hui, Claire est chanteuse, productrice, artiste visuelle, provocatrice culturelle et mère de trois enfants.

Sur le plan artistique, elle est sortie de la marginalité de la scène indie pour devenir une artiste de renommée mondiale, dont le travail efface les frontières entre la musique électronique et la musique pop, la performance et l’esthétique spéculative. Bien que Grimes soit née sur la côte ouest du Canada, c’est Montréal qui a joué un rôle déterminant dans la formation de son identité artistique et le début de sa carrière.

Boucher a déménagé à Montréal à la fin des années 2000 pour étudier la neurobiologie à l’Université McGill. Elle n’a pas terminé ses études, mais la ville elle-même est devenue une véritable école pour elle. En effet, à cette époque, Montréal était un environnement propice à la musique expérimentale, à la culture « do-it-yourself » et aux arts interdisciplinaires.

Vivant dans des appartements en colocation, souvent dans des conditions assez précaires, Grimes a commencé à écrire, enregistrer et produire de la musique. Elle a fait tout cela principalement seule, en utilisant un équipement et des logiciels de base. Cette période de la vie de la chanteuse peut être qualifiée de « autonome ».

Elle a appris seule à produire, en superposant des synthétiseurs, des voix déformées et des rythmes non conventionnels, dans des morceaux denses et chargés d’émotion. Dès le début, son approche était intuitive plutôt qu’académique : elle a appris sur le tas.

Ses premiers albums, notamment Geidi Primes et Halfaxa, tous deux sortis en 2010, l’ont positionnée comme une artiste underground expérimentale. Ces enregistrements s’inspiraient de la science-fiction, d’images médiévales et de paysages sonores éthérés.

Mais cette musique, ce genre et, par conséquent, ces artistes attiraient un public de niche. C’est ainsi que Montréal a découvert une chanteuse qui n’a pas peur de suivre sa propre logique. Les scènes alternatives, les espaces artistiques et les house shows de Montréal sont devenus pour Grimes un terrain d’expérimentation qui lui a permis de perfectionner son son et sa présence scénique.

Une véritable avancée

La véritable percée de Grimes s’est produite avec son troisième album studio, Visions, sorti en 2012. Sa particularité réside dans le fait qu’il a été presque entièrement enregistré par elle-même, sans l’aide de personne. Le travail s’est déroulé pendant une période d’isolement intense, et l’album a marqué un passage radical vers des structures pop plus claires, sans pour autant nuire à l’expérimentation.

Des chansons telles que Genesis et Oblivion étaient mélodieuses, mémorables et émotionnellement directes, mais en même temps assez étranges, et peut-être même futuristes. L’album Visions a été largement salué, principalement par la critique, et a valu à Grimes une popularité internationale, la consacrant comme une nouvelle voix de la musique pop progressive.

Parmi les titres de cet album, la composition Oblivion se distingue tant sur le plan musical que visuel. De plus, cette chanson a une connotation sérieuse : elle aborde les thèmes de la vulnérabilité, du genre et du pouvoir. Il se trouve que Grimes a eu une expérience désagréable avec la domination masculine et a été confrontée à la peur et à l’agressivité.

Au lieu de se positionner comme une victime, elle a décidé d’affronter le problème de front, transformant son anxiété en rébellion. Cette position est devenue centrale dans le clip vidéo de la chanson, qui a été tourné à Montréal et est depuis devenu culte.

Clip de Montréal

Mais ce n’est pas seulement ce problème urgent qui rend cette chanson si particulière. Du moins pour les admirateurs du talent de Grimes dans la métropole. Comme mentionné plus haut, le clip de la chanson Oblivion a été tourné à Montréal. La jeune femme s’est mise au travail avec son frère Mac Bouchet.

Tourné principalement autour du stade olympique de Montréal et sur le terrain de football du stade Molson de l’université McGill, le clip place directement Grimes au cœur d’environnements hypermasculins. Il s’agit de vestiaires, de terrains de sport et de foules d’athlètes masculins, parfois torse nu.

La jeune fille elle-même est vêtue de ses propres tenues stylisées, elle se déplace avec une assurance feinte, se positionnant comme une personnalité autoritaire. Il est clair que le choix des lieux n’était pas fortuit. Le stade olympique de Montréal, symbole monumental et souvent controversé de la métropole, est devenu un arrière-plan austère et bétonné, qui ne fait que souligner l’isolement et le caractère spectaculaire.

L’un des moments les plus marquants du tournage d’Oblivion est son atmosphère brute, presque improvisée. De plus, on sait que la vidéo a été tournée par une petite équipe avec un budget limité, qui s’est davantage appuyée sur le concept et l’ambiance que sur une mise en scène parfaite.

Selon certaines informations, Grimes elle-même aurait insisté pour être physiquement présente dans des lieux où elle ne se sentait pas à l’aise, utilisant le processus même du tournage comme un moyen de reprendre le contrôle d’elle-même et de la situation. Cette tension — précisément entre vulnérabilité et force — est perceptible dans chaque image et est devenue un élément déterminant du langage visuel de Grimes.

Grimes a conquis le public mondial grâce à son talent créatif. Plus de 6,4 millions d’écoutes sur Spotify avec les tubes Genesis et Oblivion. De plus, la chanson Oblivion a été élue meilleure chanson de la décennie par Pitchfork.

Après la sortie de l’album Visions, Grimes a continué à évoluer. Ses albums suivants, Art Angels et Miss Anthropocene, ont considérablement élargi sa palette sonore, intégrant des éléments de punk, d’industriel, de métal et de pop mainstream. À cette époque, Grimes a collaboré avec un large éventail d’artistes et de producteurs, tout en conservant un fort sentiment d’auteur. Dans le même temps, elle est devenue une personnalité publique, suscitant souvent la controverse par ses opinions franches sur la technologie, l’art et l’avenir.

Vie privée

Puisqu’on parle de vie publique, impossible de ne pas évoquer la vie privée de la chanteuse. En particulier sa relation avec le multimilliardaire Elon Musk. Ce n’est un secret pour personne que cette relation a parfois éclipsé sa carrière artistique. Même après leur divorce, elle est souvent appelée à rendre des comptes pour les actions et les opinions de Musk.

Grimes a réagi assez vivement à la vague de critiques après que son ancien partenaire Elon Musk ait salué à deux reprises avec le salut nazi lors de l’investiture de Donald Trump. « Je ne suis pas lui », a déclaré la chanteuse. Pourtant, Grimes continue de considérer sa vie comme faisant partie d’une expérience plus large dans le domaine de l’identité, de la créativité et du futurisme. Elle refuse systématiquement de se définir à l’aide de catégories traditionnelles, qu’elles soient musicales, sociales ou personnelles.

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